Tribune sur Age Village : Lumière sur le burnout chez les aidants

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Pour cette tribune d’Age Village du mois de Septembre, Florence Leduc propose une réflexion autour du burnout chez les aidants.

Le saviez-vous ? Le burnout est un terme très ancien !

Selon le dictionnaire historique de la langue française, il s’agirait d’un américanisme, véhiculé par un verbe anglais, to burn qui signifie consumer, bruler entièrement.
 
Au douzième siècle, ce terme signifiait brûler jusqu’à extinction (la chandelle par exemple).
 
Au figuré, ce terme est employé pour une personne épuisée, qui ruine sa santé !
 
A partir des années 70 on a parlé du burnout comme d’un épuisement au travail (burnout syndrome) ; ce terme a été repris dans les années 60 en relation avec les études menées sur le stress. Depuis les années 2000, ce terme se définit comme un syndrome d’épuisement professionnel, utilisé par les psychologues, puis par le droit du travail.
 
A ce jour, le burnout est reconnu comme maladie professionnelle ; les personnes touchées sont épuisées, vidées, sans énergie ; les tâches de la vie quotidienne sont de plus en plus difficiles à assumer ; cela touche le sommeil, l’alimentation, la fatigue, la prise ou la perte de poids et la diminution des défenses immunitaires sous l’effet du stress.
 
Il est défini par l’OMS comme un sentiment de fatigue intense, entraînant des pertes de contrôle et une incapacité à aboutir à un résultat.

 

Les aidants aussi

Cela ressemble comme deux gouttes d’eau à des situations d’aidants de mieux en mieux connues !
 
Environ 20 % des proches aidants pourraient se reconnaitre dans cette définition ! Du coup, cela renvoie à une ambivalence d’une société qui encourage les proches aidants à aider, sans prendre l’exacte mesure de ce que cela signifie pour les personnes concernées !
 
Cela renvoie aussi à ces hommes et à ces femmes qui ne pourraient accepter (« il ne sera pas dit que ») de ne pas avoir fait tout ce qu’il fallait pour son proche, prenant ainsi le risque d’affaiblir considérablement sa santé, au point de ne plus pouvoir aider.
 
Quel paradoxe, quelle contradiction entre aider, qui vient du grec « donner de la joie » et les constats que nous pouvons faire sur cette aide qui peut conduire à mourir d’aider !
Le burnout est passé par là, utilisé pour les personnes en situation professionnelle, faisant ainsi passer les proches aidants de l’invisibilité à la confusion à une situation professionnelle ! La confusion est à son comble.

 

Combien de fils et de filles adultes déplorent l’épuisement de leurs parents sans réussir à les convaincre de recourir à l’intervention professionnelle ? Combien d’hommes et de femmes malades souhaiteraient faire entendre raison à leur proche : ils ne demandent pas autant de sacrifice ! Un homme en situation de handicap me disait récemment qu’il venait de remporter la victoire de reconquérir son épouse qui était devenue son aide-soignante au fil du temps ; il voulait une épouse et un intervenant professionnel.
 
Il est certain que toutes ces personnes forcent l’admiration, mais à force de le dire, est-ce que cela ne renforcerait pas l’assignation à aider ?
 
Il est certainement temps de réserver le burnout à une utilisation en situation professionnelle, mais cela ne va pas en le disant ! Cela irait mieux si les intervenants professionnels étaient mieux connus, mieux reconnus, mieux formés, intervenant sur tout le territoire, connaissant les dispositifs disponibles sur le territoire et complémentaires…
 
Afin de ne pas fermer les yeux devant ces aidants consumés !

 

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Florence Leduc, Présidente de l’Association française des aidants

 

 

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