Jeunes aidants

Qui sont les jeunes aidants ?

Un jeune aidant est un enfant, adolescent, ou jeune adulte de moins de 25 ans qui vient en aide, de manière régulière et fréquente, à un membre de son entourage proche qui est malade, en situation de handicap ou de dépendance. Cette aide régulière peut être prodiguée de manière permanente ou non et prendre plusieurs formes notamment : nursing, soins, accompagnement dans les trajets, démarches administratives, communication, activités domestiques, coordination, vigilance permanente, soutien psychologique.

Peut également être considéré comme jeune aidant tout jeune de moins de 25 ans qui, du fait de la maladie, de la situation de handicap ou de dépendance d’un proche, est amené à faire pour lui-même ou pour des membres de sa famille des tâches qui sont, de manière identifiée ou non, en corrélation avec la situation de dépendance du proche. Ces tâches peuvent être en rapport avec des questions financières, l’environnement scolaire, l’insertion professionnelle, les activités quotidiennes ou les rapports avec la fratrie.

 

En France

En France en 2016, la prise en compte, la reconnaissance et l’accompagnement spécifique des jeunes aidants est très en retard, voire presque nulle comparativement à d’autres pays. Malgré tout, de nombreuses associations et structures proposent des actions locales à destination des jeunes dont l’un des membres de l'entourage est en situation de dépendance : l’APF, l’UNAFAM ou encore l’association Tout le monde contre le cancer pour ne citer qu’eux.

En partenariat avec l’Association Française des Aidants et porté par le réseau de santé SPES, le dispositif Jeunes AiDants Ensemble (JADE) propose à des jeunes (enfants et adolescents) en situation d’aidant des ateliers de cinéma-répit.

 

A l’international

A l’international, il y a d’importants écarts entre les pays sur la thématique des jeunes aidants. Entre des pays à même niveau de prise en compte des proches aidants, on observe des variations significatives sur les dispositifs particuliers aux jeunes aidants. Plusieurs études ont été menées (Royaume-Uni, Suisse, Australie, etc.) et des actions mises en place de différentes natures :

  • Information / Conseils
  • Education / Formation
  • Services
  • Activités de loisirs

Voici quelques exemples d’actions menées un peu partout dans le monde :

Institutionnelles :  
  • Financement par l’Etat de services dédiés aux jeunes aidants (Australie)
  • Loi en 2010 sur l’obligation pour les professionnels des municipalités d’apporter des conseils et des supports (Suède)
  • Campagne d’affichage nationale dans les écoles (Pays-Bas)
  • Un programme global monté dans les écoles avec une mascotte dédiée (Royaume-Uni)
  • Des associations dédiées avec des actions spécifiques (Belgique, Royaume-Uni, Australie, etc.)
Des réponses digitales : 
  • Royaume-Uni : une application dédiée a été créée, axée sur la résilience et pro-active.
  • Suède : une association a mis en place un chat grâce au réseau social « KIK ». Ce service s’adresse aux enfants de 7 à 10 ans où des bénévoles répondent 24/24 7/7. Pour faire connaître ce service, une campagne télévisée a été lancée et des partenariats sont mis en place avec les mairies.
Des informations de différentes natures :  
  • Sensibilisation sur le sujet auprès des femmes enceintes malades (Suède)
  • Vidéos d’information et de sensibilisation (plusieurs pays)
  • Une infographie pour expliquer aux enfants le système de santé du pays (Nouvelle-Zélande)
Du soutien psychologique :  
  • Un soutien individuel
  • Du soutien collectif (plus rare)
Loisirs : 
  • Festival de jeunes aidants sur trois jours (Ecosse)

 

Sites et liens spécifiques à l'international (liste non exhaustive) :

 

Etudes et recherches internationales

Plusieurs études ont été menées sur les impacts de la relation d’aide lorsque l’on est jeune aidant. Les résultats sont souvent similaires et montrent :

Des impacts négatifs  
  • Sentiment d’isolement, d’invisibilité, risques de stigmatisation, de stress, d’échec ou de harcelement scolaire (Feylin Lewis, Who am I ? : An exploration of the identity development of young adult carers in the United Kingdom and the United States)
  • Souvent, la maladie a un impact financier sur la famille et a, par répercussion, un impact sur l’éducation et le développement des jeunes aidants
  • Les jeunes aidants craignent parfois de participer à une action qui leur est dédiée de peur que cela engendre des complications dans la relation avec leur proche
  • Une étude menée au Royaume-Uni (Michèle Stokes, Carers in Hertfordshire) montre que le choix de carrière des jeunes aidants est très souvent lié aux métiers de l’aide du soin ou du social. Ils choisissent aussi un lieu d’étude à proximité du domicile de leur proche malade
  • Des études menées en Suède (NKA, Children as Next of Kin) montrent qu’il y a plus de suicides chez les jeunes qui ont un parent atteint d’une maladie psychique (par rapport aux adolescents du pays)
  • Plus de risques d’abus de drogue et de criminalité
Des impacts positifs  
  • Sentiment de solidarité
  • Estime de soi
  • Renforcement des liens avec le proche
  • Des souvenirs impérissables

 

L’Association Française des Aidants et les jeunes aidants : un projet sociétal

L’Association Française des Aidants milite pour la reconnaissance des aidants sans distinction liée à l’âge, la pathologie, la situation de handicap ou de dépendance du proche.

Elle entend donc défendre un projet sociétal œuvrant pour la reconnaissance et la prise en compte des jeunes aidants dans une vision émancipatrice et militant pour des réponses adaptées à la situation et aux attentes du jeune.

 

Pour offrir une meilleure prise en considération et un accompagnement possible des jeunes aidants en France, l’association travaille dans une approche partenariale, transversale et décloisonnée se découpant en 4 champs d’action :

1. Connaitre

Connaitre qui sont les jeunes aidants, connaitre les situations, connaitre leurs besoins, connaitre leurs joies, leurs difficultés. Mieux connaître sociologiquement, statistiquement, et connaître les réalités des situations individuelles.

2. Faire connaître

En partant de la connaissance acquise, faire connaitre ce public, ses problématiques et ses besoins à différents niveaux, au sein de différentes instances et auprès de différents partenaires et institutions.

3. Reconnaitre

Réussir à faire reconnaitre. Que les acteurs politiques et décisionnels reconnaissent ce sujet comme de société, que les différents acteurs sociaux reconnaissent (grâce à la connaissance) les situations se référant à la problématique des jeunes aidants et enfin, que les jeunes aidants eux-mêmes puissent, s’ils le souhaitent, se reconnaître comme étant des jeunes aidants.

4. Accompagner

Accompagner les jeunes aidants avec toutes les actions qui peuvent leur être proposées. Ces actions devraient être multiples et variées pour circonstancier les réponses selon les différents besoins et, le cas échéant, les différentes attentes de ces jeunes.

 

Jeune aidant, à qui en parler ?

  • Si je suis moi-même un jeune aidant : n’hésitez pas à en parler avec des personnes de confiance (amis, voisins, enseignants, membres de votre famille). Dans votre école, pourquoi ne pas aller voir l’infirmière ou l’assistante sociale et lui parler de ce que vous vivez ? Ou un assistant d’éducation avec qui vous vous entendez bien ? Dans votre ville ou une ville voisine, il y a également des PIJ (Point information Jeunesse) ou des Missions locales où vous pourriez trouver des professionnels qui pourront vous écouter et vous accompagner. Quoi qu’il en soit ne restez pas seul et parlez-en avec des personnes en qui vous avez confiance.
     
  • Si je suis un professionnel (social, médico-social, éducatif) observant une situation : la première chose est d’en discuter avec le jeune : comment se sent-il ? Veut-il en parler avec vous ? De quoi a-t-il envie ? De quoi a-t-il besoin ? Quelles sont ses attentes ? Partant de là, vous pourriez cibler le meilleur interlocuteur à qui en parler : membre de la famille, professionnel(s) d’établissement scolaire, professionnel(s) de l’éducation spécialisée, infirmière intervenant à son domicile, etc. Quoi qu’il en soit, faire toujours très attention à avancer avec prudence et d’envisager les possibilités avec le jeune avant toute chose.
     
  • Si je suis un membre de la famille : n’hésitez pas à prendre contact avec le service social de l’établissement scolaire ou universitaire du jeune ou de vous adresser aux associations de quartiers ou de votre ville pour voir ce qu’elles proposent comme accompagnement et réponse possibles.

 

Si vous souhaitez apporter votre témoignage (jeune aidant, ancien jeune aidant ou observateur d’une situation) ou encore nous faire part d'un projet, d’une recherche ou d’une étude à ce sujet : contactez-nous