Le répit est le terme couramment usité pour désigner le temps libre que peuvent prendre les aidants et les personnes accompagnées.

Selon la définition du Larousse.fr, le répit est « l’arrêt momentané, la suspension de quelque chose de pénible, d’une souffrance ». Pour autant, saurait-on réduire l’accompagnement à « quelque chose de pénible » ? Non, heureusement que non !

Le répit est donc cette solution qui va permettre à chacun, tant au proche aidant qu’à la personne accompagnée, de prendre du temps pour lui.

Ce dossier a pour objectif de vous décrire ce que sont les solutions de répit et les conséquences qu’elles peuvent avoir dans l’accompagnement. Il s’inscrit dans la continuité de notre dossier précédent portant sur les vacances, qui invitait à réfléchir aux meilleurs moyens de maintenir une relation d’aide de qualité en permettant à chacun de se reposer, de se ressourcer, de se projeter dans un projet de vie. En parallèle de ces moments privilégiés, les temps de répit peuvent faire partie intégrante de la vie, où chacun pourra vaquer à ses occupations.

Les textes, que disent-ils ?

Le décret n° 2004-231 du 17 mars 2004 relatif à la définition et à l'organisation de l'accueil temporaire des personnes handicapées et des personnes âgées dans certains établissements et services précise que « l'accueil temporaire vise, selon les cas :

a) A organiser, pour les intéressés, des périodes de répit ou des périodes de transition entre deux prises en charge, des réponses à une interruption momentanée de prise en charge ou une réponse adaptée à une modification ponctuelle ou momentanée de leurs besoins ou à une situation d'urgence ;
b) A organiser, pour l'entourage, des périodes de répit »

Le répit : un droit fondamental

Différents plans gouvernementaux, à l’instar du plan Alzheimer 2008-2012, du plan AVC 2010-2014 ou du plus récent plan Autisme 2013-2017, ont intégré le droit au répit pour les aidants parmi leurs objectifs prioritaires. Les solutions proposées cherchent à répondre aux besoins spécifiques de chacun. Elles visent à permettre l’accompagnement des personnes en difficulté de vie tandis que les proches aidants peuvent disposer de temps libre.

Le proche aidant, seul ou avec la personne accompagnée, peut choisir les modalités d’organisation, la périodicité et les conditions de la mise en place du répit.

La préparation, en amont et en dehors de toute situation de crise, est essentielle. Cette démarche permet de choisir l’objectif, de cibler les besoins de chacun, de trouver les modalités adaptées, de se préparer à d’autres habitudes et d'envisager d'autres projets.

Le répit : le temps d’une pause

La disponibilité du proche aidant dans la prise en charge d’une personne en perte d’autonomie ou en situation de dépendance est en moyenne de 60 heures par semaine sur une durée de 6 à 7 ans. Cette implication conduit les proches aidants à s’isoler et à oublier de prendre soin d’eux. Etre aidant peut alors devenir une souffrance, tant physique que psychique. Physique ? Oui, car les aidants prennent peu de temps pour se soigner, sont fatigués, etc. Psychique ? Oui, certains aidants déclarent se sentir dépressifs, ont un sentiment d’isolement. Ces phénomènes peuvent entraîner une altération de la relation à son proche.

Il est cependant indispensable que le proche aidant ait son propre projet de vie, préserve son équilibre de vie, sa propre image, la satisfaction de ses besoins (voir ses amis, aller au cinéma, travailler, se rendre chez le médecin, et pourquoi pas, ne rien faire !). L’impact positif des moments de répit sur la santé mentale des proches aidants est souligné dans de nombreuses études.

Une offre plurielle

Les objectifs à atteindre sont variés :

  • pour l'aidant : prendre du temps pour lui, apprendre à déléguer et passer le relais
  • pour l'aidant et la personne accompagnée : partager des moments de plaisir et de détente
  • pour la personne accompagnée : découvrir ses marges d’autonomie, retrouver de la confiance en elle, rencontrer du monde 

Les solutions de répit : de quoi s’agit-il concrètement ?

Plusieurs grandes catégories de solutions se présentent :

Via l’accueil en établissement des personnes en situation de besoin d’aide
  • L’accueil de jour

L’accueil de jour est destiné aux personnes vivant à domicile et permet de les accueillir le temps d’une demi-journée jusqu’à plusieurs fois par semaine. Les accueils de jour peuvent être accolés à des établissements d’accueil permanent ou sont autonomes. Des équipes pluridisciplinaires (aides-soignants, infirmiers, psychologue, ergothérapeute, etc.) proposent aux personnes accueillies des soins et de l’accompagnement mais également des sorties et des activités, alliant temps collectifs et activités individuelles.  L’accueil de jour permet aux aidants de profiter de temps de répit.

Voir l’exemple d’un accueil de jour pour personnes en situation de handicap

Voir l’exemple d’un accueil de jour pour personnes âgées

Il existe des accueils de jour spécifiques pour les personnes souffrant d’une pathologie particulière, telle que la maladie d’Alzheimer ou apparentée.

  • L’hébergement temporaire

L’hébergement temporaire est la possibilité pour les personnes en difficulté de vie d’être accueillies de plusieurs jours à plusieurs semaines, le week-end ou encore la nuit (ce que ne permet pas l’accueil de jour). Là encore, cette modalité d’accueil peut être accolée ou non à un établissement d’hébergement permanent et est composée d’équipes pluridisciplinaires.

L’hébergement temporaire permet à l’aidant de partir le temps d’un week-end, d’être hospitalisé, etc.

  • Les accueillants familiaux

Les accueillants familiaux permettent l'accueil des personnes en difficulté de vie au sein de familles agréées auprès du Conseil général.

Pour en savoir plus, vous pouvez contacter l'association Famidac.

Via l’accompagnement à domicile des personnes en situation de besoin d’aide
  • Le baluchonnage

Initiative venue du Canada, le baluchonnage consiste à ce que le proche aidant passe le relais à un ou plusieurs « baluchonneurs » sur un temps plus ou moins long, 24h/24. Cette solution reste néanmoins peu développée en France.

  • La garde à domicile

Un professionnel se rend au domicile de la personne accompagnée à fréquence régulière ou continue afin d’apporter une surveillance.

  • La garde itinérante de nuit

Les services de garde de nuit interviennent au domicile des personnes en situation de besoin d’aide de 19h à 6h du matin. Cela consiste au passage d’un professionnel de manière fréquente tout au long de la nuit. Il est question soit d’apporter des soins ou de s’assurer que la nuit se déroule normalement.

  • Les nouvelles technologies

Des solutions faisant partie des Techniques de l’Information et de la Communication (TIC), telles que la vidéo vigilance peuvent permettre à l’aidant de s’absenter quelque temps.

Les solutions de répit : les conditions d’admission, la durée, le coût

Pour les personnes en situation de handicap : vosdroits.service-public.fr/F10468.xhtml

Pour les personnes âgées, une partie du coût des temps de répit peuvent être pris en charge par le biais de l’Allocation Personnalisée à l’Autonomie (APA).

Où les trouver ?

Pour trouver les solutions de répit proches de chez vous, vous pouvez :

  • Consulter le site Internet du GRATH : www.accueil-temporaire.fr
  • Contacter le Conseil général  ou le Centre Communal d’Action Sociale (CCAS)

Pour les personnes en situation de handicap : la Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH)

Pour les personnes âgées : le Centre Local d’Information et de Coordination gérontologique (CLIC)

Pour connaître leurs coordonnées de ces structures : annuaire.agevillage.com

Aller plus loin

A lire :

  • Rapport d'étude de la Fondation Médéric Alzheimer, "Le répit : des réponses pour les personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer ou apparentées, et leurs aidants, septembre 2011. Consulter le document.
  • 3 questions à Nadège Choplain, responsable de l'Espace des Aidants au sein de la maison d'accueil temporaire, La Vie à Domicile - Handi-Répit à Créteil.

A voir :